La Slovénie, kézaco ?

Lac de Bled

La Slovénie est un petit pays entre Europe Centrale et Balkans, notamment limitrophe de l’Italie, de l’Autriche et de la Croatie, entré en 2004 dans l’Union européenne. Lié de longue date à la France, il n’en demeure pas moins inconnu de la majorité des Français. Découvrons ensemble ce patrimoine original et les liens culturels qu’ont tissé ces deux nations.

Où c’est ?

Peu de Français seraient capables d’évoquer un élément quelconque de ce pays, alors qu’il se situe à moins de 800 km de la France. Il faudrait déjà qu’ils parviennent à le placer sur une carte, car il y a de grands risques qu’ils le situent bien plus loin qu’il ne l’est vraiment, sans doute quelque part vers la Russie (expérience authentique à tester autour de vous). À moins qu’ils ne le confondent avec la Slovaquie, mais là non plus ils ne seraient pas les seuls à se tromper : d’illustres gaffeurs les ont précédés (voir à la fin de cet article avec Georges Bush ou François Fillon).

Qui c’est ?

Si les Slovènes, qui sont moins de 3 millions dans le monde, restent discrets à propos de leur nation, c’est pour mieux préserver ce petit paradis sur terre. En revanche ils n’ont jamais rechigné à s’ouvrir au monde, parlant couramment l’anglais, l’allemand et l’italien, même dans les villages les plus reculés : parler une langue rare vous pousse en effet à être polyglotte.

De 1800 à 1813, le pays fit partie des Provinces Illyriennes françaises : c’est ainsi que le système administratif slovène adopta le code Napoléon. Bien plus tard il appartint à la Yougoslavie, acquit son indépendance, jusqu’à intégrer l’Union européenne en 2004 et l’espace Schengen en 2007, année au cours de laquelle l’euro a été adopté. Le pays a d’ores et déjà atteint le niveau de vie le plus élevé d’Europe Centrale. Il se place devant le Portugal et la Grèce, et son économie, déjà dynamique sous l’ère yougoslave, la fait surnommer « la fourmi slovène ».

Piran sur la côte Adriatique : lire l’article consacré à Piran sur ce site

Comment c’est ?

Ce pays qu’on appelle le « côté ensoleillé des Alpes » ou « le joyau vert de l’Europe », laissons quelques auteurs nous en parler.

Première évocation avec Charles Nodier, en 1821, à l’époque on l’on appelait ce pays la Carniole, déformation française du nom de la ville slovène de Kranj. L’écrivain fut très attaché à la Slovénie : directeur de la bibliothèque de Ljubljana et du journal de la province qui n’était rédigé qu’en français et qu’il fit traduire en slovène, il s’efforça de constituer un fonds culturel slovène. C’est en son hommage que le centre culturel français en Slovénie porte son nom.

« La petite bourgeoisie de ce pays est généralement polyglotte et le moindre bourgeois réunit, à lui seul, des éléments d’instruction que nous chercherions souvent inutilement dans une académie… Les rues de Ljubljana sont larges, bien bâties et propres, on y trouve de jolis bâtiments publics, une excellente bibliothèque de province et des sites enchanteurs. L’aspect physique des Carniolains est grand et robuste. Les femmes ont un goût excessif pour la parure, la danse et les spectacles. Ce peuple est sobre, pieux, hospitalier et laborieux. Son costume national est charmant. Ljubljana, en plus de ses rapports réguliers avec Vienne et Venise, a connu des relations commerciales avec Constantinople. »

Autre évocation, plus au goût du jour, d’une auteure contemporaine slovène, Brina Svit :

« Je connais les prairies et la campagne et les collines qui entourent Sežana. Les vignes qui grimpent si haut qu’on peut se promener dessous. Des gouffres et des grottes, et encore d’autres phénomènes souterrains incroyables. Les bois de pins clairsemés. Les points de vue sur la mer. La fine couche de terre rougeâtre et l’épaisse couche de cailloux durs dessous. Les murets de pierre, beaucoup de murets de pierre. Les villages. Les cafés. Le vin violet-noir, qui teinte la bouche comme si on mangeait des myrtilles… »

Retenons enfin cette phrase de Nicolas Courbet dans son édito du Petit Futé Slovénie :

« On ne saurait l’expliquer mais on ressort souvent d’un périple slovène envahi par un sentiment simple de bien-être. »

Château de Predjama

Pour finir, trois anecdotes sur la Slovénie

Les ours slovènes

La Slovénie est le pays où la population d’ours au kilomètre carré est la plus importante. Les Slovènes ont l’habitude de voir des panneaux “Attention aux ours” quand ils traversent leurs forêts ! Cet animal est parfois assimilé dans les pays d’Europe Centrale à l’ancêtre de l’homme ou à un dieu. Mythologie que l’on retrouve dans les Pyrénées où depuis 1996 la France introduit des ours slovènes.

Les grottes slovènes

Il y a de nombreuses grottes en Slovénie, souvent très impressionnantes. Parmi elles, la grotte de Postojna, ouverte au public dès 1824 et qui est la plus visitée d’Europe, mesure 20 km de long. Les grottes de Škocjan, elles, classées au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1986, constituent la plus grande zone humide souterraine au monde.

Slovénie et Slovaquie

On confond souvent la Slovénie avec la Slovaquie : Georges W. Bush annonça avoir reçu la visite du premier ministre slovène, alors qu’il s’agissait du premier ministre slovaque. Les Roumains, à l’arrivée du président slovène Milan Kučan à Bucarest, jouèrent l’hymne national slovaque ! Chaque année plusieurs centaines de kilos de courrier mal acheminé (600 kg en 2004) sont réexpédiés de la Slovaquie à la Slovénie. Et en mai 2009, le premier ministre français François Fillon remercia « son ami le président slovaque », alors qu’il s’agissait du premier ministre slovène…

Quelques liens

I feel Slovenia, office du tourisme slovène

Le Guide du Routard en Slovénie



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